« Eden, L’affaire Rockwell » de Christophe Penalan

Eden. Paradis. C’est tout le contraire qui va se produire. Eden connaîtra l’enfer. C’est du moins ce que le jeune auteur Christophe Penalan promet de nous raconter. Mais le journaliste de sport a l’habitude des histoires, des destins. Le monde sportif en regorge. Des trajectoires dramatiques, des rebondissements, des feintes et des surprises. Justement, « Eden, L’affaire Rockwell » en est une, et une sacrée bonne.

Bakerfield, Californie, 2004. La Murvey Elementary School. C’est la sortie des cours. Sandra et Eden s’apprêtent à prendre le bus. Finalement, Eden change d’avis. Elle rentre à pied. On ne la reverra plus. L’inspecteur Dwight Myers a quitté LA pour Bakersfield. Il voulait être plus tranquille. Il va être servi. Il est à peine entré en fonction qu’il a droit à un meurtre, une affaire de stupéfiants. Et une disparition. La famille Callahan alerte la police parce que leur fille de 11 ans, Eden, placée chez eux il y a trois ans, n’est pas rentrée de l’école. Quand on dit famille d’accueil, on imagine tout de suite le pire. Pas cette fois. L’enfant qui est décrite comme brillante, est tendrement aimée par James et Dana Callahan. Il faut dire qu’elle est atypique. Très bonne élève, partante pour mille activités, elle n’est pas une enfant à problèmes. Ils ont même du mal à la suivre dans son hyperactivité.

Une station-service. Une caméra. Eden est vivante, aperçue, assise côté passager. Le conducteur est vite identifié. Suspect numéro un dans le cadre d’un enlèvement. Vite retrouvé aussi. Vissé sur une chaise, dans sa ferme. Il s’est suicidé, une balle dans la tête. Mais pas de trace de Eden Rockwell. La presse s’en mêle. Pire selon les policiers, elle fait des raccourcis, tire des conclusions jugées dangereuses et anxiogènes pour la population. Deux jeunes filles de 12 ans ont disparu ces deux derniers jours dans des circonstances identiques, à Los Angeles et sa proche banlieue. Un kidnappeur en série ? Les médias ont déjà conclu. Myers n’ose même pas y penser. Les flics n’aiment jamais les séries.

Pourtant la liste s’allonge. D’autres fillettes, adolescentes qui se sont évanouies dans la nature. Un premier élément trouble néanmoins les enquêteurs. Aucune ne ressemble à Eden. Une anomalie dans la psychologie d’un criminel. En général, ils ont un type précis et récurrent. Réseau pédophile ? Réseau mafieux ? Puis, ce sont les cadavres qui se multiplient, ceux d’individus que l’on a soupçonnés un temps. Et qui meurent. Tués par la même personne. Il serait temps de se pencher sérieusement sur la vie et le profil de Eden Rockwell. Tout n’est qu’apparence dans son histoire. 

Premier roman où l’on décèle l’amour d’une Amérique des petites banlieues proprettes. Une carte postale gravée dans la rétine de l’auteur et presque écrite à l’envers. Puisque le journaliste est revenu sur les lieux du drame, seulement après avoir achevé sa fiction. Cheminement mental surprenant. Tout comme l’intrigue de son livre. La réussite incontestée de son « Affaire Rockwell » va lui mettre la pression. On attend son deuxième roman avec impatience.

« Eden, L’affaire Rockwell », de Christophe Penalan, Éditions Viviane Hamy/Chemins nocturnes, 384 pages, 21,90 Euros.

 

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