Thomas Bronnec est un sorcier. À chaque roman, il anticipe des événements historiques et politiques qui auraient dû rester dans le domaine de la fiction. Cette fois, il imagine Paris terrorisée par des attaques de drones. Qui en veut à ce point à la France ?
Deux grandes puissances. L’Amérique et la Russie. Rien que ça. Si dans un autre monde, ces pays se détestaient cordialement, le président américain Roy Patterson qui rappelle l’actuel locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, et le président russe Nikita Malishev qui lui évoque sans conteste Vladimir Poutine, sont désormais totalement sur la même longueur d’onde. À cause d’eux, Paris se vide, les habitants fuyant les attaques mortelles de ces petits objets volants. La première attaque constituée de six drones survolant la cour du Louvre a fait deux morts et une dizaine de blessés. L’enquête a très vite révélé que les deux pilotes impliqués, Tim Cowell et Angel Barnett, étaient américains et que Patterson ne jure que par eux. Zéro chance qu’ils soient extradés. La seconde attaque vient de la Russie et a été encore plus meurtrière. Treize morts pour une quinzaine de drones kamikazes Oleniok. Mais cette fois, le Russe, fidèle à lui-même, ne lève pas le petit doigt lorsque les trois hommes arrêtés. Les deux anciens ennemis n’ont qu’un objectif: affaiblir l’Europe jusqu’à la vassaliser. Mais un pays a pris la tête de la résistance. La France avec sa présidente Émilie Cornelly.
Une dure à cuir qui sacrifie sa vie de famille à l’Etat français. Isolée par le pouvoir, elle n’a confiance qu’en un seul homme. Ce n’est ni son amant, ni son ex, ni son futur. La meilleure des combinaisons pour que cela fonctionne. Mathieu Mondolonian, conseiller spécial, homme à tout faire, homme de l’ombre qui ne vit que pour servir L’État français et sa présidente. Mais que l’amour va rattraper. En attendant, Paris courbe l’échine. Émilie Cornelly redoute que les Parisiens ne cèdent à la vassalisation. Faut-il subir ou organiser une riposte soudaine et brutale ? Elle a aussi proposé à l’Allemagne et à la Pologne de monter une armée commune. Mais elle a besoin de l’adhésion des Français, donc du vote des députés à l’Assemblée. Et la route est semée d’embûches.
L’intrigue est géniale, le contexte politique tout autant. La campagne militaire conjointe des États-Unis et d’Israël sur l’Iran de ces derniers jours, donne raison au romancer journaliste, Thomas Bronnec. Et répond à une angoissante question : à quel moment la loi du plus fort ne fait plus nos affaires. C’est aussi un roman à clé comme toujours chez cet auteur français. Que ce soit avec les têtes d’affiche ou les seconds couteaux, la vie politique française avec ses intrigues, ses compromissions est passée au scalpel de l’écrivain. On adore!
Toute l’infortune du monde de Thomas Bronnec, Éditions Gallimard Série Noire, 448 pages, 20 euros.
