Deux femmes soupçonnées de meurtre. À des années d’intervalle. Ironie de l’histoire, l’une va soigner l’autre. Kit McDeere n’a pas eu trop le choix. La police la soupçonne d’avoir mis fin à la vie de sa mère, en laissant volontairement traîner un flacon de comprimés de fentanyl. Sans preuve, elle est ressortie libre. Mais allez trouver du travail comme aide soignante, avec un tel CV.
Seule une cliente/patiente avec un passé aussi lourd que celui de Kit pouvait accepter de l’employer. Alors en cette année 1986 et dans une atmosphère à la Rebecca de Daphné du Maurier, la jeune femme franchit les grilles de Hope’s End, une demeure digne d’un roman gothique. L’immense bâtisse accrochée à une falaise à moitié affaissée du Maine, est perçue comme maudite et fait encore frissonner les habitants des années après le drame de 1929. Et quel drame, un massacre, celui de la famille Hope, mère, père et Virginia, l’une des sœurs. L’autre Leonora, dix-sept ans, a survécu mais tout le monde s’accorde à dire qu’elle est forcément la seule responsable de cette tuerie. Mais faute de preuves irréfutables, elle aussi, a échappé à la case prison. Comme Kit…
Aujourd’hui, Baker, l’ancienne gouvernante de Hope’s End (aussi terrifiante que Mme Danvers) qui connaît une grande partie des secrets de la famille Hope, dirige la maison. Leonora a plus de soixante-dix ans. Elle gît sur son lit toute la sainte journée, invalide à la suite d’un AVC. Elle ne peut communiquer qu’avec son doigt, qu’elle utilise avec une machine à écrire. La curiosité étant un vilain défaut, Kit ne résiste pas à essayer de savoir si la vieille dame est vraiment coupable. Surtout que cette dernière lui a fourni le meilleur des teasings, en écrivant : 《Je vais tout vous raconter.》
Ne tournons pas autour du pot, la technique de Riley Sager est celle du rebondissement, ce qui permet de tenir le lecteur en alerte toute, et de ne pas lâcher le livre. Certains esprits chafouins diront qu’il en use et abuse, et les autres considèreront que l’important est bien de trouver du plaisir à la lecture. Et n’est-ce pas, au fond, ce que l’on attend d’un roman?
Celle qui sait de Riley Sager, traduit de l’anglais (États-Unis) par Dominique Haas, Éditions Verso, 480 pages, 21.90 euros.
